INSPIRATION DU MOIS

28 juillet 2014

PERDRE son PÈRE quand on ne s’y attend PAS!

André et Anne Mc Cready~ Il y a un mois, je suis allée rendre visite à mes parents en matinée et j’ai été étonnée de retrouver mon père dans son lit, en sueurs, et surtout, d’apprendre qu’il était en douleur depuis des heures! J’ai téléphoné le 911 et les ambulanciers sont venus l’évaluer pour ensuite le transporter à l’urgence de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal (HSCM).

À ce moment, j’étais loin de me douter de ce qui allait survenir. Sans le savoir, j’accompagnais mon père dans ses dernières heures de vie! Ouf, comme cela me fait de la peine d’écrire ça… j’ai les larmes qui me coulent sur les joues et je m’arrête, car là, je ressens déjà le besoin de pleurer…

L’inimaginable est arrivé vers midi trente, quand mon père a fait une hémorragie interne (suite à une rupture d’anévrisme). Donc, à mon insu, il est décédé devant moi. J’ai aussitôt alerté l’infirmière et l’équipe l’a immédiatement pris en charge. Ils ont tenté de le réanimer. Malheureusement, sans succès.

Comme j’étais en état de choc, l’une des gentilles infirmières, Nathalie Gauthier, m’a pris par la main et m’a permis d’aller parler à mon père quelques minutes avant de le « débrancher » afin que je puisse le voir et m’excuser de m’être chicanée avec lui lors des deux dernières journées. J’ai pu ainsi me soulager un peu de la culpabilité et pu aussi lui dire comment que je l’aimais pour une dernière fois… Ouf, comme cela fut difficile et émouvant!

Lorsque ma mère est arrivée en fauteuil roulant, elle a eu le choc de toucher les bras froids de mon père et de le trouver déjà mort. Elle a spontanément pleuré… et j‘ai pleuré avec elle. Ce fut un moment très pénible pour moi de voir ma mère pleurer comme je ne l’ai jamais vue!

Une chance que j’étais entourée et supportée par mes deux grandes amies, Julie et Véronique, ainsi que ma cousine Nathalie et mon oncle Léo. C’est grâce à leur présence, leur douceur, leur sensibilité et leur soutien que nous avons pu passer à travers ce « cauchemar ». Toutefois, je ne vous cache pas que je souhaitais tellement me « réveiller » pour éviter d’accueillir et de vivre cette dure réalité!

Ensuite, puisque nous sommes croyants, j’ai demandé au personnel de l’hôpital qu’un prête vienne nous rejoindre à la chambre privée afin de donner à mon père son dernier sacrement. Père Gérard Ngendahayo nous a accompagnés avec un calme incroyable, une grande compassion et une belle attention. Par exemple, au moment de dire la prière, il nous a proposé de faire un demi-cercle autour de mon père, de se tenir chacun par une main et de toucher mon père avec l’autre. Ce fut très touchant et apaisant d’être connectés avec lui, de faire partie d’un cercle de vie et d’une divine énergie!

Par la suite, l’équipe nous a accordé une autre heure pour dire nos derniers adieux. Et, je vous confie que je n’étais pas prête. En fait, je crois qu’on ne l’est jamais. Toutefois, je réalise aujourd’hui comment cela fut un privilège d’avoir pu bénéficier de ce temps, ces deniers moments… si douloureux, mais si précieux.

J’aurais beaucoup à vous partager, à vous raconter. Par exemple, quelques heures après le retour à la maison, ma mère a ressenti un malaise au cœur… et donc, le même soir, je revivais le même scenario : départ en ambulance et de retour à l’urgence! [Soupir]… comme j’ai trouvé ça pénible! Je suis même émue de vous partager que je me suis dis « Mon Dieu, je vous en prie, n’enlevez pas mes deux parents dans la même journée… car, je vais capoter!! »

Heureusement, ma mère a survécu… Donc, un jour à la fois, j’apprends à vivre sans la présence de mon cher papa. Et une heure à la fois, j’essaie de prendre soin de moi et de ma chère maman!

« Je suis profondément convaincue que pour sortir du vécu souffrant de son deuil,
il faut accepter d’y entrer. »
~ Louise Racine

Pour m’aider, j’ai besoin de câlins divins qui me font tellement de bien! Et, j’ai aussi besoin de soutien…. de parler et d’être écoutée, de pleurer et d’être consolée. Je dirais même qu’en ce moment, j’ai besoin qu’on prenne soin de moi pour m’aider et me réconforter. En fait, je suis touchée de réaliser, et de vous partager, que j’ai besoin de la relation! Et oui… car c’est la compassion, l’affection et les gestes de bonté des gens qui me permettent de vivre une autre journée sans lui, et avec autrui!

Ceci dit, en tant qu’enfant unique, je trouve ça difficile de créer un équilibre entre toutes les tâches « à faire » pour m’occuper de mes affaires, de ma mère, pour régler la succession de mon père et pour gérer toutes les émotions « à vivre » suite à la perte de cette relation. Donc, pour les personnes qui vivent une situation similaire ou pour les personnes intéressées à aider les gens endeuillés, voici quelques-unes de mes suggestions.

Pour commencer, quand quelqu’un vous partage le décès d’une personne chère, avant de vous informer sur la manière dont cette mort est survenue, s.v.p. offrez à cette personne endeuillée votre sensibilité à sa souffrance et/ou vos sincères condoléances.

Madame Racine, TRA & spécialiste du deuil et auteure du livre Le deuil, une blessure relationnelle écrit : « La guérison du deuil a besoin d’être vécue en relation. » Voici donc les gestes et les moments de relation qui m’ont procuré un grand bien-être intérieur et qui ont contribué à soulager un peu ma douleur au cœur!

QUELQUES GESTES relationnels pour AIDER les ENDEUILLÉS :

  1. Offrez à l’endeuillé de téléphoner à des gens pour le libérer de la (lourde) tâche d’annoncer le décès à de nombreuses personnes… car, cela peut être émouvant et épuisant.
  2. Accompagnez et supportez les endeuillés pour les arrangements funéraires.
  3. Achetez des fleurs ou une jolie plante (pour le salon ou la maison), faites un don à une fondation en mémoire du défunt, postez ou laissez une carte de sympathie au salon (ou envoyer un message via le site web du complexe funéraire).
  4. Présentez-vous au salon (même si ce n’est que pour 5 minutes) pour offrir vos sympathies et donnez un chaleureux câlin de soutien! Pour moi, ce geste fut très émouvant puis en même temps, ce fut très touchant et apaisant de recevoir les condoléances en personne; ceci m’a permis de pleurer dans les bras de plusieurs personnes, ce qui fut bien réconfortant.
  5. Assistez aux funérailles pour offrir un soutien social.
  6. Offrez une messe (une célébration) en l’honneur du défunt à sa paroisse (ou autre église).
  7. Offrez votre temps pour veiller sur un autre parent (conjoint ou enfant) pendant que l’aidant principal va se ressourcer. Par exemple, pour moi, ma cousine Nathalie ou mon amie Julie vient accompagner ma mère pendant que je vais à mon rendez-vous de thérapie ou pour un massage, ou encore faire l’épicerie… Ma cousine vient aussi dormir chez ma mère pour la nuit afin de me donner un temps de répit.
  8. Écoutez ce que l’endeuillé a à vous partager, à vous dire (et même à redire!) de cet événement marquant, car même si c’est touchant ou souffrant c’est aussi soulageant et libérant.
  9. Faites des tâches ménagères comme le lavage, le ménage, arroser les fleurs et plantes, couper le gazon ou encore, sortir les vidanges et le recyclage.
  10. Cuisinez et apportez de la soupe, des petits plats/soupers ou desserts santé.
  11. Nourrissez les animaux, allez promener le chien ou coupez les griffes du chat.
  12. Offrez une fleur ou postez une carte d’encouragement (ou autre souhait).
  13. Envoyez de jolies pensées/de petits textes via votre cellulaire.
  14. Invitez les endeuillés à une fête ou à des retrouvailles familiales.
  15. Laissez un petit mot chaleureux suite à votre visite.

QUELQUES RITUELS qui ont APAISÉ ma peine : 

Au salon :

  • exposition d’une toile professionnelle faite à partir d’une photo de mon père, placée sur un chevalet à l’entrée du salon pour l’accueil;
  • création d’un montage et le partage d’une vidéo de 81 photos pour célébrer les 81 ans d’existence à mon père;
  • ajout de la prière préférée à mon père au verso du signet (la prière de la Sérénité); et
  • à la fin de la soirée, j’ai prévu une période de reconnaissance pour rendre hommage à mon père (faite par les invités) suivi de prières récitées ensemble.

Aux funérailles (à l’église) :

  • j’ai proposé au cœur de chants de belles chansons traditionnelles (telles que Les mains ouvertes devant toi Seigneur, Ave Maria et Mon Dieu, tu es grand, tu es beau);
  • j’ai offert un bel hommage personnalisé à mon cher papa… pour honorer sa vie (suivi par celui du curé qui connaissait bien mon père, bénévole de la paroisse);
  • j’ai demandé au curé de mentionner la prière de la Sérénité (qui fut très touchante à entendre); et
  • j’ai proposé qu’on s’offre la paix entre nous… et que la communion soit offerte à notre communauté par nos proches, soit mon oncle Arthur et l’ami à mon père Raynald afin de rendre la célébration plus chaleureuse et intime.

À la maison :

  • création d’un autel spirituel chez ma mère (et chez moi) avec la jolie toile représentant mon père. Ceci accompagné de la croix et du chapelet (qui étaient dans son cercueil) puis d’un lampion à piles qui est toujours allumé;
  • création (avec mon amie Julie) de jolis bouquets à partir des fleurs des funérailles dont ma mère fut éblouie! De plus, cela fut très apaisant et thérapeutique pour moi, car en donnant une deuxième « vie » à nos fleurs, cela rejoignait mon cheminement personnel à trouver un deuxième « sens » à ma vie sans lui;
  • chaque dimanche, j’ai pris la relève de mon père : en allant à la messe, c’est maintenant moi qui rapporte une hostie pour ma mère. Et, je suis touchée de vous partager que ce simple geste l’a beaucoup émue!; et
  • via Magnus Poirier Pie-IX, l’achat d’un bijou spirituel : soit un reliquaire pendentif (une jolie boule de crystal qui contient une parcelle des cendres à mon père) que ma mère et moi portons au cou qui nous apaise, car cela symbolise qu’il demeure près de nous!

Ceci dit, je souhaite vous partager que cet été, j’avais prévu commencer à écrire mon premier livre, soit un roman psychologique. Mais, après cet événement marquant, je suis plutôt inspirée à écrire sur le deuil d’une personne chère…

Un livre sur mon père pour vous partager la relation vécue avec lui et l’importance des rituels pour nous aider à passer à travers une telle épreuve de vie. J’y aborderai aussi l’héritage qu’il m’a laissé ainsi que tous les souvenirs qui reflèteront bien sûr notre relation… qui était imparfaite… mais, qui fut aimante, attachante et si importante pour moi. Ouf, cela m’amène à toucher qu’il me manque énormément… et à pleurer, avec vous!

Merci d’être là avec moi.

 Voici d’autres MOYENS qui pourraient AIDER :

  1. Pleurez
  2. Prenez soin de vous
  3. Bougez, marchez, nagez
  4. Bercez-vous pour vous réconforter
  5. Prenez le temps de vous reposer, de méditer, de prier
  6. Prenez le temps de manger des repas bien équilibrés
  7. Entourez-vous de gens qui vous aiment et que vous aimez
  8. Flattez vos animaux de compagnie (car, c’est de la zoothérapie)
  9. Cédulez un massage ou planifiez un mini voyage pour vous ressourcer
  10. Considérez la possibilité d’aller chercher l’aide de certains professionnels (médecin, thérapeute en relation d’aide, conseiller en deuil).

« Durant cette période de deuil, vous avez la responsabilité
de vous occuper de vos besoins.
J’entends souvent des endeuillés exprimer leur déception
face à l’attitude de leur entourage :
ils ne sont pas assez présents, ils sont maladroits, vous conseillent mal;
vous vivez un malaise parce que vous ne recevez pas ce dont vous avez besoin.
Pourquoi ne pas prendre en charge vos besoins, et les exprimer? »
~ Louise Racine, TRA

Donc, ce mois-ci, je vous souhaite le courage d’exprimer ce dont vous avez besoin afin de vous faire du bien!

 

Anne Mc Cready
TRA, Thérapeute en Relation d’Aide MD
Conférencière pour surmonter les épreuves
Téléphone : 514 903-2663

Mise à jour : Depuis 2016, je suis diplômée pour accompagner les endeuillés. Donc, si mon histoire vous rejoint et que vous ressentez le besoin d’être accompagné(e) et aidé(e), n’hésitez à m’appeler pour un appel découverte ou une consultation gratuite!
(offre aux nouveaux clients seulement)

LECTURES PROPOSÉES :

Brillon, Pascale : Quand la mort est traumatique, Les Éditions Quebecor, 2012

Jacques, Josée : Un baume pour le cœur, Corporation des thanatologues du Québec

Jacques, Josée : Les saisons du deuil, Les Éditions Quebecor, 2010

Racine, Louise ;  sa trilogie / 3 livres : Le deuil, une blessure relationnelle; Accepter, laisser partir et choisir la vie; Renaitre et créer sa vie, Les Éditions du CRAM, 2011

RESSOURCES POUR LES ENDEUILLÉS :

Accompagnement du deuil (thérapie) avec un(e) TRA, Thérapeute en relation d’aide MD :
Tél. 514 529-6088 ou 1 877 932-2195 ; www.citrac.ca

Groupe de soutien disponible à Montréal, Longueuil et à Vaudreuil. Pour plus d’information, visitez  l’ATRAAD.

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